Citation du mois

"En France on élit et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n’ayons pas la possibilité d’avoir de l’influence sur les élus ? Je ne crois pas que dans aucun des pays qui se disent démocratiques, ceux-là qui croient avoir le droit d’imposer « leur » démocratie aux pays pauvres, il existe la démocratie, à commencer par les États-Unis et la France. La France est une démocratie ? Une puissance mondiale ? Je le dis en tant que Française : Cela ne veut rien dire. Si on le dit pour les niveaux d’éducation, de la recherche ou la santé, c’est nul. Pour être capables d’aider la paix mondiale, les peuples opprimés ? Nul."

Danièle Mitterrand

communiqués internes

Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /Mars /2006 13:52

 

« Même s'il me fait plutôt penser à une installation forcée sur un siège
éjectable dont on ne maîtrise pas le déclenchement, le CPE doit être une
bonne idée puisqu'il a déjà un projet de petit frère avec le CPL (contrat
première location) qui permettrait au propriétaire d'un logement de signer
un bail de deux ans à l'issue duquel il lui serait possible de mettre le
locataire à la rue.


Alors, parce que je suis plutôt partisan des bonnes idées, je suggère la
mise en place des contrats suivants : Le CPV (contrat de première voiture)
permettant à l'acheteur d'un véhicule de le conserver à l'essais pendant
une durée maximale de deux ans, à l'issue de laquelle il déciderait de
l'acheter ou bien de le ramener au garage sans explication ; Le CPR
(contrat de premier repas) permettant au convive de goûter les plats de son
choix et de quitter le restaurant sans payer ceux qui n'aurait pas
appréciés ; Le CPM (contrat premier mariage) permettant aux nouveaux époux
de signer un contrat de mariage de deux ans à l'issue desquels la
séparation serait possible, sans autre formalité, si l'un des deux n'est
pas satisfait de l'autre.


Mais avant tout ça, je suggère aussi la création d'un CPP (contrat de
premier président) permettant aux citoyens d'élire le président de la
république pour une période probatoire de deux ans à l'issue desquels un
référendum national déciderait s'il est ou non autorisé à finir le
quinquennat. Au fond, ça les inciterait peut-être à vérifier les « bonnes
idées » de leurs premiers ministres »

Extrait du courrier des lecteurs de l'EST REPUBLICAIN du 20/03/06

Par Collectif Sciences Po en Lutte - Publié dans : communiqués internes
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Mardi 28 mars 2006 2 28 /03 /Mars /2006 12:36

Nous, étudiants délégués de 86 universités et établissements d’enseignement supérieur mobilisés, réunis en coordination nationale à Aix-en-Provence les 25 et 26 mars 2006, réaffirmons notre détermination à rester mobilisés jusqu’à satisfaction de nos revendications. La semaine écoulée a fait la preuve que la jeunesse disposait d’importantes réserves de mobilisations, dans les lycées et les universités. 68 universités sont en grève, la plupart avec des blocages, un millier de lycées sont mobilisés. Ce sont des centaines de milliers de jeunes qui sont mobilisés, tandis que des salariés commencent à nous rejoindre dans la lutte.

 

La surdité du gouvernement n’a pas réduit notre détermination. Face au front uni de la jeunesse et des salariés, le gouvernement continue sa stratégie de confrontation :

 

-Il a fait le choix du pourrissement du mouvement et de la provocation policière, espérant que la violence dans les manifestations discréditerait notre mouvement. Plusieurs manifestants sont entre la vie et la mort, des dizaines de procès sont en cours, avec des peines de prison ferme à la clé.

 

Nous apportons notre soutien à tous les militants blessés et demandons l’amnistie et la levée des poursuites contre les jeunes poursuivis par la justice. Nous appelons les jeunes à s’organiser, à se défendre, contre l’extrême droite, dans les manifestations et dans l’action.

 

-Il a tenté de casser la mobilisation par la fermeture administrative de lycées et d’université, il a tenté de diviser la jeunesse en refusant d?annuler les élections étudiantes au CROUS alors que la plupart des universités sont bloquées. Nous exigeons la réouverture des sites et établissements fermés administrativement et l’annulation de ces élections.

 

Par ailleurs, le gouvernement souhaite négocier avec les organisations syndicales, tout en refusant le retrait du CPE. Il n’est pas question de négocier, notre mobilisation continuera jusqu’au retrait du CPE, de la loi sur l?égalité des chances et du Contrat Nouvelle Embauche. Par ailleurs, seuls les porte-parole mandatés, responsables devant la coordination nationale, constituent les représentants légitimes du mouvement

 

Nous nous félicitons de la réussite des journées d’action des mardi 21 et jeudi 23 mars. La journée de grève interprofessionnelle de mardi 28 va constituer un moment décisif dans notre lutte.

Nous appelons la jeunesse, les salariés et leurs organisations à la grève générale.

Nous ferons tout pour que la journée du 28 mars soit une réussite. Si le gouvernement ne cède pas mardi 28 au soir, nous appelons à ce que les intersyndicales nationales et locales, les assemblées générales interprofessionnelles, les assemblées générales d’entreprises réunissent toutes les conditions pour reconduire la grève. L’objectif est de reconduire la grève dans le maximum de secteurs pour aboutir le 4 avril à un nouveau temps fort, avec des manifestations dans tout le pays, et une grève générale, reconductible, qui bloque tout le pays jusqu’à satisfaction de nos revendications.

 

Nous demandons aux organisations syndicales de relayer ces appels et de déposer des préavis en conséquences. *Dans ce but, des délégations seront envoyées aux sièges nationaux et locaux des organisations syndicales. *Nous appelons le jeudi 30 mars à une journée nationale de blocage simultané des principaux axes routiers et ferroviaires.

Le gouvernement sera contraint de réagir à la paralysie du pays par la grève et le blocage.

 

Pour contribuer à la mobilisation des salariés, nous allons intervenir dans les entreprises par la diffusion de tracts, en prenant contact avec les syndicalistes, en participant à des assemblées générales d?entreprises, etc.

Nous appelons les salariés à s’approprier le mouvement en posant leurs propres revendications.

Nous proposons également aux organisations syndicales, au même titre que la coordination nationale lycéenne, de co-organiser une grande manifestation centrale à Paris avant les vacances scolaires parisiennes.

 

Par son autisme, le gouvernement s’est engagé dans une fuite en avant. Ayant engagé sa responsabilité sur la loi sur l’égalité des chances par le biais de l’article 49-3, le gouvernement doit en tirer les conséquences : il devra partir en même temps qu’il retirera son projet.

Notre mouvement, comme toutes les grandes mobilisations sociales, peut inverser le rapport de forces vis-à-vis du gouvernement et du patronat et permettre de gagner de nouveaux droits pour la jeunesse et les salariés.

 

La prochaine coordination nationale se réunira à Lille samedi 1er avril.

 

Aix-en-Provence 26 mars 2006

Par Collectif Sciences Po en Lutte - Publié dans : communiqués internes
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Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /Mars /2006 12:14

 Pour plus d'infos, voir le site http://justicepourcyril.zeblog.com/

CPE Un manifestant entre la vie et la mort Le coma profond d'un syndicaliste SUD PTT, pris dans une violente charge de CRS, donne un tour tragique au mouvement social.

 

 

Par Karl LASKE mardi 21 mars 2006

  

 

Il s'appelle Cyril Ferez. Il a 39 ans. Il travaille à Torcy pour l'opérateur de téléphonie Orange où il s'est inscrit à SUD PTT. Hospitalisé à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), il est tombé dans le coma après avoir croisé, samedi, le mauvais peloton de CRS, sur la place de la Nation à l'heure de la dispersion de la manifestation anti-CPE. La préfecture de police a annoncé hier l'ouverture d'une enquête préliminaire confiée à l'Inspection générale des services (IGS), tout en faisant connaître officieusement, et avec insistance, son alcoolémie ­ au moins 2 grammes ­ à son arrivée à l'hôpital. La préfecture aurait été « avisée par l'Assistance publique » qu'un homme blessé « lors des échauffourées qui ont opposé des "groupes violents" aux forces de police se trouvait hospitalisé dans un état sérieux ». Mais c'est plus grave. Selon l'Assistance publique, le pronostic s'avère « réservé, à la fois sur le plan vital et sur le plan fonctionnel ». Le coma est profond et pourrait « mal évoluer », de source médicale.

 

 

Samedi soir, Cyril est arrivé place de la Nation, dans le cortège Solidaires, l'un des derniers de la manif. C'est vers 20 h 30, après les premiers tirs de gaz lacrymogènes, que les cordons de CRS commencent leur progression sur la place pour repousser les « groupes violents ». Les manifestants sont encore très nombreux. Les témoins ne manquent pas. Les photographes non plus. Sur le terre-plein central, l'un d'eux, Alexandre Tsitouridis, voit un groupe de CRS resté en retrait. Deux hommes leur font face. Cyril est l'un d'eux. « Je l'ai vu assis devant les CRS, pacifique, raconte Alexandre Tsitouridis. Je ne sais pas ce qui lui passait par la tête. J'ai eu l'impression qu'il allait se relever. Les CRS sont autour de lui. Je ne le vois plus. L'image d'après, il est par terre. » Bruno Stevens, photographe lui aussi, est à dix mètres. « Devant l'arrivée des CRS, les gens s'éloignaient en éventail, explique-t-il. Lui a été attrapé. Il était plus lent. Il a pris un coup direct à la tête. Il s'est effondré comme une masse. Ils ont continué à le frapper alors qu'il était au sol. Mais vraiment fort ! Je me suis approché pour dire aux policiers : "Mais vous ne voyez pas qu'il est inconscient !" » « J'ai vu un CRS sortir du peloton, l'attraper et le mettre dans le cercle, confirme Pascal Charles, d'un collectif antirépression. Les CRS se faisaient caillasser en même temps qu'ils tapaient. J'ai eu l'impression qu'ils le piétinaient. Lorsqu'ils se sont éloignés, j'ai cru qu'ils laissaient un sac derrière eux. »

 

 

Manifestants et photographes s'approchent. « A un moment, on a cru qu'il était mort. Il avait un hématome sous l'oeil droit. Sa tête avait pris le volume d'un ballon de rugby. » Bruno Stevens remarque ses lunettes, son discman éclaté par terre. Une oreillette aussi qui lui est restée accrochée à l'oreille. « Je n'ai pas vu le point de départ, mais il n'avait rien en main et il n'était pas masqué. » Les photographes ont l'heure de leurs clichés. Le tabassage a eu lieu à 20 h 51. Les secours, appelés par les manifestants, sont arrivés à 21 h 07. Cyril est parvenu à bouger légèrement les pieds avant de sombrer dans le coma. http://www.liberation.fr/page.php?Article=368679

 

Au plus près de la bavure de la Nation
Six témoins de la scène, samedi soir en fin de manifestation à Paris, racontent les coups de matraque sur Cyril Ferez, le syndicaliste de SUD PTT, toujours plongé dans un coma profond.

Par Karl LASKE
vendredi 24 mars 2006



Horacio, photographe: «Il a cherché à s'échapper»

 

«Quelques minutes plus tôt, j'ai réalisé une ou deux photos de Cyril assis par terre. Il a une attitude contemplative. Le groupe de policiers est à cinq mètres. Personne ne semble lui prêter attention. J'ai pensé qu'il était affecté par les gaz. J'ai vu qu'il avait une énorme cuite. Je suis là, j'observe ce qui se passe. Soudain apparaît un manifestant poursuivi par trois policiers. Il a la malchance de tomber. Cyril est à côté. Tous les deux prennent des coups de matraque. Ma photo est prise à 19 h 53. On voit Cyril cherchant à s'échapper (voir photo en haut à gauche). L'autre manifestant est également au sol, mais sur l'image, il est caché par un CRS. Le bâton est en train d'arriver sur la tête de Cyril. Je perçois l'action, mais dans un monde d'ombres. Sans flash, on ne voit rien. Ensuite, d'autres CRS arrivent. S'ils piétinent Cyril, je n'ai pas l'impression que ce soit volontaire, ni décisif. Ma théorie, c'est que le mal était fait avant, avec la matraque. J'ai fait une dernière photo des policiers, puis j'ai dû partir pour transmettre.»

 

Alexandre, photographe: «Je vois Cyril sous les CRS»

 

«Je suis à deux-trois mètres de distance. Initialement, je vois ce groupe de CRS complètement isolé. Puis je vois Cyril. Je le vois s'asseoir à côté d'eux, ne rien faire. Et puis un petit jeune vient derrière lui, crie quelque chose à un CRS. Le CRS se détache rapidement de son groupe, se dirige vers le jeune, et vers Cyril aussi. Il est rejoint par d'autres policiers et il chope le jeune. Là, je suis vraiment à un mètre. Le jeune chute. Puis je vois Cyril sous les CRS. Je ne vois pas de coup porté sur lui. A un moment, les CRS partent et en face de moi, il y a Cyril. Un homme avec un masque à gaz se précipite vers lui. Je crois que Cyril est mort, mais on comprend vite qu'il ne l'est pas.»

 

Victor, photographe: «Des coups volontaires et involontaires»

 

«Je sors d'un café après la première charge, place de la Nation. J'aperçois un peloton de CRS, en cercle. Ils se tiennent mutuellement, par l'épaule. Je ne vois pas le début de l'action. Cyril et une autre personne sont au sol. Les CRS sont autour d'eux. Je me rapproche. Et je vois des coups de pied volontaires et involontaires sur eux. L'autre est en position foetale. Cyril n'est pas protégé. Je me dis qu'il s'est pris un coup de rangers. Je le vois disparaître derrière le peloton. Les CRS me repoussent à coup de boucliers. Je ne vois pas la fin. Je suis les flics qui se déplacent vers l'autre côté de la place.»

 

Pascal, manifestant:  «Les CRS le laissent tel quel sur place»

 

«Je suis arrivé près du platane. Les CRS sont positionnés en tortue. Ils s'avancent puis reculent. J'en vois un sortir du groupe pour attraper un manifestant et le ramener. Après, ce que je vois, c'est des CRS de dos. Et puis un sac abandonné par terre. En réalité, c'est Cyril. Les CRS se replient vers le trottoir. Avec d'autres, je les engueule. Mais le groupe de CRS s'en va, le laisse tel quel sur place. J'ai vu d'autres arrestations, avec des tabassages, et j'ai vu les personnes prises en charge puis évacuées. Pas cette fois.»

 

Bruno, photographe: «Une unité de lieu et de temps»

 

«Je n'ai pas quitté des yeux l'endroit du tabassage. Au début, je vois les CRS, à 5-6, puis 10-15, poursuivre un mec. La poursuite passe à côté de moi. Le mec est rejoint en quelques secondes. Très vite, il prend un coup à la tête et tombe. Les CRS forment un groupe compact. Des coups sont donnés au sol. Lorsqu'ils s'éloignent, je vois Cyril. La mêlée est telle que je ne peux pas deviner qu'il y avait déjà un mec. Pour moi, il y a une unité de lieu et de temps. L'état de Cyril est la conséquence de la charge. Les CRS ne pouvaient pas ne pas le voir.»

 

Romain, étudiant: «Je le crois mort»

 

«Je tourne le dos à la statue. Je vois un CRS donner un coup de matraque dans la jambe d'un mec par-derrière. Le policier rejoint son groupe, mais il tombe. Des individus se précipitent vers lui, mais ses collègues le récupèrent. La personne qui a pris le coup de matraque est happée dans le groupe, plaquée au sol. Par la suite, les CRS reculent pour se protéger et piétinent cette personne. Ils laissent Cyril au sol. Moi, je le crois mort. Une fille crie : "Vous l'avez tué." Mais les CRS ne viennent pas vérifier. J'ai vu qu'il respirait. Son abdomen bougeait.»

http://www.liberation.fr/page.php?Article=369571

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Lundi 20 mars 2006 1 20 /03 /Mars /2006 16:37

La coordination nationale se félicite de la réussite des dernières journées de grève et de manifestation du 16 et du 18 mars. L'arrivée masive des lycéens dans la mobilisation, le début de mobilisation des travailleurs sont des signes que les étudiants ne seront plus seuls et que la victoire se rapproche.

 

70% de la population, 80% des jeunes sont maintenant opposés au Contrat Première embauche. La mobilisation massive de la jeunesse révèle une opposition plus large à la politique antisociale et répressive du gouvernement. Nous voulons le retrait de la loi sur l'égalité des chances dans son intégralité, car elle est un concentré de cette politique, elle tente de précariser et de mettre au pas la jeunesse. La mobilisation ne devra pas non plus s'arrêter sans des reculs plus importants du gouvernement sur sa politique de précarisation des salariés : nous voulons le retrait du CNE (préalable à la mise en place du contrat de travail unique prévu par Villepin). En effet, nous n'accepterons pas dans les entreprises de moins de 20 salariés ce que nous refusons ailleurs en refusant le CPE. Le gouvernement commence à parler de négociation. Pour nous, il ne peut y avoir de négociation, nous voulons le retrait de son attaque. Son discours est un signe de faiblesse, le signe qu'en continuant à amplifier la mobilisation, nous pouvons gagner.

 

C'est le mouvement de grève et de blocage des universités qui a permis que la mobilisation soit ce qu'elle est aujourd'hui. Nous appelons à poursuivre ce mouvement, nous appelons à la généralisation de la grève et du blocage de la part des jeunes, nous appelons les salariés à rejoindre ce mouvement, à aller vers une grève générale pour faire reculer ce gouvernement. Face à la mobilisation, le gouvernement généralise lui la répression : fermetures administratives d'universités, exclusions de lycéens, répression policière sont des méthodes répressives très graves. Nous exigeons la réouverture immédiate des universités de la Sorbonne, Nanterre, Marne-la-Vallée, Metz, Lyon 2, Tours et Perpignan. Nous exigeons la libération et la levée de toutes les poursuites contre des personnes arrêtées dans le cadre du mouvement social. La mobilisation continue en s'amplifiant. Par son entêtement, le gouvernement ne met pas seulement en jeu sa crédibilité politique, mais aussi sa légitimité à gouverner.

 

Pour que la mobilisation puisse se poursuivre sereinement, nous demandons que soient ouvertes dès maintenant de discussions sur l'aménagement des examens de fin d'année et que les élections au CROUS soient reportées.

 

Des actions diverses auront lieu mardi 21 mars. La coordination nationale appelle à la grève générale jusqu'au retrait de la loi sur l'égalité des chances et du CNE. Elle appelle à la construction et l'extension de la grève et des piquets de grève dans les facs et les lycées. Elle appelle les directions des organisations syndicales à appeler à la grève générale jusqu'au retrait de la loi sur l'égalité des chances et du CNE, et à la construire avec les étudiants et les lycéens en appelant à des assemblées générales dans les entreprises. Elle appelle à une manifestation centrale à Paris le jeudi 23 mars vers l'assemblée nationale. Elle appelle les organisations syndicales à se joindre à cette manifestation et à aider à la montée à Paris des manifestants de province. Bien entendu, la mobilisation ne s'arrêtera pas le 23 mars. Nous continuerons à manifester le mardi et le jeudi suivants.

 

La prochaine coordination se réunira à Aix-en-Provence samedi 25 mars. Nous appelons en particulier les lycéens à élire des délégués en assemblées générales de lycées ou de ville. D'ici la prochaine coordination, 16 portes parole, seront chargés de faire savoir les décisions de la coordination aux médias, aux directions des organisations syndicales et aux pouvoirs publics. En effet, la mobilisation de la jeunesse est maintenant lancée. Une de nos tâches actuelle est de débattre avec les organisations de salariés pour travailler ensemble à la mobilisation de la jeunesse et du monde du travail. C'est dans ce cadre que les portes parole proposeront, à l'intersyndicale du 20 mars que les organisations syndicales appellent ensemble à la grève générale le 23 mars.

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Dimanche 19 mars 2006 7 19 /03 /Mars /2006 22:08

 

 

Mercredi 15 mars, une journée de mobilisation contre le CPE s’est déroulée sur le parvis de l’IEP, de 9h à 19h.

 

Dans le cadre du mouvement contre le CPE à l’IEP, qui s’est amplifié ces deux dernières semaines, le Collectif Sciences Po Aix en Lutte a souhaité informer et mobiliser un plus grand nombre de personnes encore. Le choix du lieu, un lieu ouvert et public, s’est fait dans l’optique de toucher des étudiants et professeurs de l’IEP, des autres facultés ou écoles, mais aussi des travailleurs. Il s’agissait également de se réapproprier l’espace public, d’en faire un lieu de débats et d’échanges, auquel tout le monde était invité à participer.

 

 

Durant toute la journée s’est tenu un atelier de création de banderoles, d’affiches, de slogans pour les manifestations du jeudi 16 et du samedi 17 mars. Un stand d’information sur le CPE, la loi sur l’ « égalité des chances » et les mobilisations était à disposition du public. Une table a vendu à des prix réduits des boissons chaudes et des collations.  Un stand présentait également le journal L’Humanité, dont le directeur Patrick Le Hyaric a donné une conférence le soir même.

 

Le matin, s’est déroulé un débat sur la précarité, les enjeux économiques, politiques et sociaux du CPE et les luttes syndicales. Différents intervenants se sont exprimés :

 

Ÿ Daniel-Louis Seiler, professeur des Universités à l’IEP en science politique, a souligné la gravité de la situation économique actuelle. Le CPE vise à modifier le code du travail pour mieux appliquer ce que M. Seiler a appelé la « technique du salami », une précarisation des plus jeunes et des plus âgés. Il a rappelé que ce gouvernement a été récusé à plusieurs occasions. L’élection du président Chirac a été plus que contestée. Aux élections européennes de 2004, les Français ont refusé la vision libérale que la droite promouvait (le PS a obtenu 31 sièges, l’UMP 17 seulement, l’UDF 11). Aux régionales, la gauche a été la grande gagnante (le PS a remporté 22 régions et l’UMP 2, l’Alsace et la Corse). Le non au référendum sur la constitution européenne a désavoué le gouvernement mais aussi l’UDF et le PS qui n’ont apparemment pas compris les attentes de la population.

 

 

Ÿ Serge Bonetti, délégué CGT de Lustucru Arles et membre de la fédération alimentaire Lustucru, a rappelé la situation des salariés dans les entreprises. Il a dressé un bilan de la lutte des salariés à Lustucru. En 2004, tirant prétexte des inondations de décembre, le groupe Panzani, contrôlé par BNP-Paribas, a annoncé la fermeture définitive de l’usine Lustucru d’Arles le 26 mars. Après enquête, on apprend que le groupe aurait touché 47 millions d’€ de subventions pour dégâts des eaux et les actionnaires 337 millions après la fermeture du site. Sans le coup de chance des inondations, le groupe aurait, de toute façon, revendu l’usine. M. Bonetti a ensuite expliqué le projet de SCOP, société coopérative de production (entreprise de forme SA ou SARL dont les salariés sont associés majoritaires et vivent un projet commun en mutualisant équitablement les risques et les grandes décisions) en Camargue. Les membres de ce projet se sont vus opposer de nombreux obstacles par les divers échelons politiques. Pour M. Bonetti, il faut se réapproprier les moyens de production afin de créer les emplois. La lutte pour la gestion du territoire de Camargue est donc aussi une lutte pour la défense de l’emploi, pour des emplois stables et mieux rémunérés.

 

 

Ÿ Jérôme, délégué syndical CFDT de ST Microelectronics, a expliqué la lutte difficile avec la direction du site de Rousset. Depuis quelques années, le groupe délocalise à Singapour. Il y a actuellement 2 unités sur un même site, dont l’une fermera en juin 2007. Les employés de ST Microelectronics connaissent bien la précarité. Ils sont employés en « contrats de chantier » ou bien en intérim. La direction des ressources humaines de ST Microelectronics s'est inspirée des contrats dits "de chantier" (CDIC), qui existent dans le secteur du bâtiment et qui s'achèvent en même temps que la fin d'une construction. En outre, 700 emplois vont être supprimés sur le site de Rousset (et 1000 en France). De plus, par un tour de passe-passe, les salariés peuvent être employés deux fois en intérim, 18 sur un site (une S.A.) et 18 mois sur l’autre (une S.A.S.). Les 120 millions d’€ d’aide publique octroyés en 2002 ne changent rien.

 

 

Ÿ Renaud, de l’association Aix-solidarité (aixsolidarite@wanadoo.fr) et professeur de sociologie de l’éducation à l’université de Provence, a fait un point sur la loi sur l’ « égalité des chances ». Il a souligné que le CPE ne s’applique pas aux étrangers, ce qui montre que la réalité du chômage n’intéresse pas le gouvernement. La loi sur l’ « égalité des chances » serait selon le gouvernement un moyen de répondre à la crise des banlieues. Mais la formation « juniors », permettant la sortie du système scolaire à 14 ans, dénie que l’on puisse leur donner un socle de connaissances communes et les laisse à la merci des employeurs. Enfin, Renaud a rejeté la clause instaurant le contrat de responsabilité parentale.

 

 

Ÿ Tanguy, chercheur en sociologie au LEST (Laboratoire d'Economie et Sociologie du Travail), a parlé de la précarité. Avec l’absence de motif pour licencier, on revient selon lui à un système esclavagiste. En outre, la norme est le CDI. L’intérim et le CDD sont prévus en cas de surplus d’activité. Le CPE est donc un détournement des contrats existants et institutionnalise la précarité. De plus, le problème n’est pas seulement celui de l’emploi. C’est aussi celui du statut du salarié dans l’emploi, à savoir, le droit de se syndiquer, le droit à la culture, etc. La relation salarié/salariant est complexe et doit être régulée de manière juridique. Les luttes actuelles doivent aussi préparer à définir une nouvelle juridiction internationale de ces relations.

 

 

Ÿ Pascal, délégué syndical des intermittents du spectacle et musicien, a rappelé les difficultés des intermittents du spectacle. Le statut d’intermittent est lui-même basé sur une hypocrisie, puisque personne n’aspire à devenir travailleur « intermittent ». En juin 2003, le MEDEF et trois centrales syndicales ont signé un protocole d'accord remettant en cause le régime d'assurance chômage des professionnels intermittents du cinéma, de l'audiovisuel, de la diffusion et du spectacle (annexes 8 et 10 du règlement général de l'assurance chômage). En juillet 2003, un important mouvement social dans le secteur entraîne l'annulation des grands festivals d’été. 30000 personnes ont été privées d’indemnisation. Peu à peu, les jeunes deviennent de la « chair à profit » selon Pascal. Le mouvement contre le CPE, mouvement contre la précarité des jeunes, doit être aussi un mouvement de défense de nos droits.

 

 

Ÿ Florent Aubry-Louis, professeur agrégé en sciences économiques et sociales à l’IEP d’Aix-en-Provence, a insisté sur l’historique du thème de la flexibilité. Les économistes critiquaient le marché comme n’étant pas assez flexible, ce à quoi il a été remédié dans les années 1980. La politique malthusienne a favorisé l’allongement des études et le départ à la retraite anticipée. On a « ajusté par les quantités ». Mais les forts taux de croissance des années 1990 n’ont pas créé d’emplois. M. Aubry-Louis précise qu’une économie flexible crée et détruit des emplois plus rapidement mais au final, ne crée pas d’emplois sur le long terme. Elle peut en créer, mais seulement s’il y a une croissance forte. Mais en retour, elle détruit le rapport social à l’emploi. Le rapport au travail est de plus en plus forte individualisé.

 

 

Le débat de la matinée s’est terminé par des échanges entre les participants à propos de l’intérêt des employeurs à embaucher en CPE, du rôle de l’Etat dans la création d’emplois (CDI), et de la responsabilisation/déresponsabilisation des employeurs dans la formation de leurs salariés.

 

 

Le repas s’est déroulé au son des musiciens du groupe de salsa Diabloson, venu animer le parvis, et entraînant certains à esquisser quelques pas de danse.

 

 

L’après-midi, le débat s’est axé sur les alternatives possibles face à la précarité croissante et à la libéralisation du travail.

 

 

Ÿ Emmanuel Le Masson, agrégé de science politique et professeur de sciences économiques et sociales à l’université d’Aix-Marseille, a souligné l’échec de la politique économique engagée par le gouvernement ces dernières années. Il y a eu un changement de situation de l’emploi en 2001 et un changement de l’orientation des politiques en 2002 : on accentue alors la flexibilité pour augmenter la compétitivité de ce qu’on appelle l’ « entreprise France ». On multiplie les contrats, on abaisse les prélèvements obligatoires, l’impôt sur le revenu et sur la grande fortune, ce qui a pour conséquence de favoriser les inégalités. La droite « conservatrice » a voulu gérer le budget en « bon père de famille » mais il n’y a aucune poussée de l’investissement public.  La balance des paiements est en déficit depuis deux ans, ce qui n’avait pas été le cas depuis 1990. Le chômage a à peine baissé, pour des raisons démographiques surtout : le nombre d’entrées sur le marché du travail a baissé (génération creuse). Le bilan est donc négatif. Il a ensuite abordé les propositions alternatives, sur le plan économique. Selon lui, on peut agir sur la croissance économique pour favoriser la création d’emplois, sans tomber dans la « course à la croissance ». Cela implique également de faire un choix en matière d’impôts et de prélèvements obligatoires. Il s’agirait donc d’une « gestion » du système capitaliste.

 

 

Ÿ M. Valery, économiste, a évoqué le rapport de force salariat/patronat. Depuis 1995, des mouvements visent à limiter ce rapport de force. Il y a eu une régression dans le rapport de force, régression qui s’est faite en défaveur du salariat. L’évolution démographique à venir et plutôt en défaveur du salariat également. Mais il s’agit d’une bataille, à mener aujourd'hui et demain.

 

 

Ÿ Deux représentants de l’association Génération précaire (http://www.generation-precaire.org/) sont venus présenter leur mobilisation pour les droits des stagiaires. Le mouvement est né d’un appel à la grève spontané et diffusé sur internet début septembre 2005, destiné à dénoncer une situation intolérable : l’existence d’un véritable sous-salariat toujours disponible, sans cesse renouvelé et sans aucun droit. Aujourd’hui, des étudiants, chômeurs ou salariés précaires pour les plus chanceux, dénoncent le fait qu’il existe en France une « armée de réserve » de plusieurs centaines de milliers de travailleurs qui n’ont aucun droit, pas même le droit à un salaire. Les membres de l’association connaissent les droits des stagiaires, des salariés et les défendent sans relâche.

 

 

Ÿ Daniel Van Eeuwen, professeur des Universités à l’IEP, directeur du CREALC, spécialiste de l’Amérique latine, a fait un point sur le contexte politique du mouvement. En amont, il y a un jeu politique, où les questions du chômage et de la sécurité sont des cartes maîtresses. Villepin et Borloo se placent comme les généraux en chef de la bataille pour l’emploi. Ils mettent en place des contrats (CPE, CNE) qui séduisent la classe patronale et sont prêt à accorder toujours plus de flexibilité. Le fait que le dialogue concernant ces mesures ait été inexistant montre bien la volonté de court-circuiter toute opposition. En aval, le mouvement social est stigmatisé. Villepin a tenté d’amalgamer une très petite minorité de personnes violentes à l’ensemble des manifestants. Cette position pourrait susciter une radicalisation du mouvement. Aujourd'hui, le mouvement peut s’amplifier par l’union des étudiants et des forces salariales (des précaires et des professeurs sont déjà solidaires). Les lycéens également s’y joignent. Le mouvement peut aussi converger vers une généralisation du malaise social. Quant aux conséquences, sur le plan politique, la droite se fissure. Sur le plan juridique, le CPE peut être cassé par la Cour de Cassation, la CJCE (Cour de justice des communautés européennes) ou plus tard par la CEDH (Cour européenne des droits de l'homme).

 

 

Ÿ Vincent Geisser, docteur en science politique, chargé de recherche au CNRS-IREMAM, a commenté les mobilisations qui se déroulent en France en général et à l’IEP en particulier. Il a rappelé la lutte des étudiants de 1986 contre le projet Devaquet de rétablissement de la sélection entre les bacheliers (avec une hausse des droits d’inscription et une plus grande autonomie financière des universités). Il a insisté sur le fait que le mouvement initié par le Collectif Sciences Po Aix en Lutte est organisé de façon démocratique, dans les AG notamment, mais aussi dans ce forum, qui est la preuve que la parole est donnée à tous ceux qui souhaitent la prendre. Les mobilisations en France ne sont pas le fait d’une minorité d’activistes comme veut le faire croire le gouvernement. La jeunesse se mobilise aujourd'hui. Et à l’IEP en particulier, on doit être « politique ».

 

 

Ÿ Jean Marc Coppola, président du groupe communiste de la région PACA et conseiller régional PCF, a estimé que la loi sur l’ « égalité des chances » est une hypocrisie. Il faudrait une loi sur l’égalité des droits. La convergence des étudiants et des salariés est importante. La réussite de cette convergence est la clé du succès.

 

 

Ÿ Raphaël LIOGIER, professeur des Universités à l'IEP, directeur de l'Observatoire du Religieux de l'IEP, a condamné une réponse trop immédiate aux politiques du gouvernement. Le problème essentiel n’est pas l’emploi. Au niveau international, il y a un affaiblissement de la croissance de la population mondiale mais une croissance et en même temps une concentration sans précédent de la richesse mondiale. Le problème majeur est la redistribution de cette richesse. Il a donc proposé un impôt fluctuant sur le capital.

 

 

Suite à cette intervention, des propositions ont été envisagées pour recréer les liens sociaux dans la société.

 

 

L’après-midi s’est terminée par un concert d’un groupe de musique rock « Président King Kong ».

 

 

Le Collectif remercie tous les invités, et tous ceux qui ont participé à l’organisation de ce forum.  Il remercie particulièrement ceux qui ont gentiment prêté du matériel (tables et chaises), ainsi que le bar « la Flûte enchantée » qui a donné son autorisation pour utiliser son alimentation électrique toute la journée.

 

 

Ce forum a permis à de nombreuses personnes d’intervenir, d’interroger et de s’interroger. En sus de l’ambiance conviviale et festive qui y régnait, il y est né un dialogue constructif. De nombreux débats ont eu lieu au sein du forum, mais à côté du cercle principal, avec les intervenants et avec les passants. Par ailleurs, des délégations des universités d'économie et de lettres d’Aix-en-Provence sont venues et ont elles aussi pris part au débat. Nous souhaitions aussi provoquer un dé-blocage mental, qui s’est réalisé d’une certaine manière par la participation active des personnes présentes. Ce forum est dans tous les cas une preuve de notre capacité à nous mobiliser de manière inventive et autonome. Il faudra renouveler l’expérience !

 

 

 

Collectif Sciences Po Aix en Lutte

 

 

Par Collectif Sciences Po en Lutte - Publié dans : communiqués internes
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